05 octobre 2019

Barésia sur l'Ain

BARESIA SUR L'AIN (1)

 

Avec ce billet qui sera moins long que les derniers, je clos le dossier Jura.

 

A cause de mes ennuis personnels d'il y a plus d'un an maintenant, je me suis, un temps, retrouvée dans cette région. Je dois avouer que j'en suis tombée amoureuse. D'où les derniers messages que j'ai publiés pendant ces dernières semaines.

Dans le Jura, on rencontre de nombreux lacs qui portent à la tranquillité, tout ce dont j'avais besoin.

Je vous en ai déjà montré plusieurs. Aujourd'hui, je vous présente celui de Barésia sur l'Ain,.

 

BARESIA SUR L'AIN (2)

 

Il n'est pas très grand, mais surtout, il est un peu isolé et peu fréquenté, d'où son intérêt pour moi. Ce jour-là, c'était midi pique-nique au bord de l'eau, dans un cadre magnifique.

 

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BARESIA SUR L'AIN (11)

 

Après un bon repas partagé, une petite balade pour certains, du paddle pour d'autres, de la bronzette pour ce qui aiment le soleil, des jeux, de la lecture. Nous étions une vingtaine, ce jour-là. Ce qu'il y a eu de bien dans mon malheur, ce sont les amitiés que j'ai liées là-bas. Personnellement, je me suis mise à l'ombre, laissant chaussures et chapeau, pour m'allonger et regarder le ciel au travers des arbres. Et me remémorer les bons moments passés entre amis et famille.

 

BARESIA SUR L'AIN (12)

 

Se souvenir des câlins de Milo et Sélina, les instants où je donnais une gâterie aux biquettes...

BARESIA SUR L'AIN (13)

 

... le bons repas partagés, les visites de la région, etc.

BARESIA SUR L'AIN (14)

 

Ainsi se termine mes souvenirs jurassiens.

J'espère que vous aurez aimé ces balades en ma présence.

Mais toute bonne chose a une fin...

 

A bientôt pour d'autres billets.

 

BiZoux !

 

Calinquette

 

 

BARESIA SUR L'AIN (15)

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01 octobre 2019

Lac de Vouglans

Lac de Vougleans (1)

 

Aujourd'hui, on reste dans le Jura, direction la Tour du Meix. Nous allons faire un tour sur le lac de Vouglans.

 

Lac de Vougleans (2)

 

On ne peut pas parler du lac de Vouglans sans avoir au préalable décrit le le barrage du même nom puisqu'il s'agit d'un lac artificiel... Sans retenue d'eau, point de lac !
La création de ce lac avait un double objectif : produire de l'électricité tout en régulant le cours de l'Ain, très capricieux.

Les remières études, sondages ont eu lieu en 1956. Les travaux préparatoires (routes, habitations pour le personnel du futur chantier) ont débuté en 1962. En 1963, ce fut la construction du tunnel de dérivation, car il a fallu détourner le cours de l'Ain pour construire le barrage. Le tunnel de dérivation est long de 225 m pour 8,5 m de large.

Juin 1964 : Début de la construction.

En avril 1968, c'est le début de la mise en eau qui va durer un an et demi. On procède lentement et on vérifie au fur et à mesure que les berges soient bien étanches. En effet, les sols calcaires de notre région nous ont parfois causé bien des surprises...

Villages engloutis (ci-dessous) : le village du Bourget, les hameaux de Brillat et de Généria (au total 150 habitants) ont été détruits avant la mise en eau... Ni église, ni cimetière à déplacer ne se trouvaient dans la vallée.  Les histoires de clochers qui sortent des eaux les années de grande sécheresse ne sont donc que pure légende !


Lac de Vougleans (3)



La Chartreuse de Vaucluse se trouvait également dans la vallée : ancienne abbaye construite par des moines chartreux au 12e siècle. Cette abbaye fait aujourd'hui la joie des plongeurs, à 50 mètres de profondeur. Seul, le portail de Chartreuse de Vaucluse a été entièrement démonté et déplacé.

 

 

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PORTAIL-CHARTREUSE

 

Caractéristiques du barrage :

Hauteur : 103 m au-dessus du niveau de l'Ain, 130 m sur ses fondations

Epaisseur : 25 m au pied du barrage, 6 m en crête

Longueur : 425 m sur crête

Evacuation des crues : Les 4 vannes (visibles sur les photos) permettent d'évacuer, en cas de crue, 2050 m3/seconde. L'eau chute alors dans le "bassin d'amortissement".

Vidange : Deux vannes de fond, complétées par des vannes amont, évacuent 450 m3/s.

Production électrique : 300 millions de Kwh/an, ce qui correspond à la consommation annuelle des deux villes de Bourg-en-Bresse et Oyonnax réunies.

 

Et si le barrage venait à céder ? Le plan Particulier d'Intervention est révisé tous les 5 ans. En août 2008, les estimations sont alarmantes : Si le barrage cédait, les villages les plus proches de retrouveraient sous 46 m d'eau !!! Et la place Bellecour à Lyon sous 6 m d'eau !!! Ca fait droid dans le dos !

On ne peut approcher du barrage, en raison du plan vigipirate. On comprend pourquoi...

 

 

 

Lac de Vougleans (4)

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Le lac de Vouglans

Volume total : 605 millions de m3 d'eau, ce qui le classe à la 3e place des lacs artificiels français (1er : Serre-Ponçon avec 1200 millions de m3, 2e : Sainte-Croix dans le Var avec 760 millions de m3).

Taille du lac :

Surface : 1600 ha

Longueur : 35 kms

Largeur : de  300 à 800 m, 450 m en moyenne

Profondeur maximale : 100 m.

Tour du lac par la route : environ 82 kms

Altitude : 429 m

En amont : Pont-de-Poitte (début du lac)

En aval : Vouglans et Menouille (au pied du barrage)

 Alimentation du plan d'eau : essentiellement assurée par l'Ain, qui prend sa source 58 kms en amont à Conte (Jura) à 700 m d'altitude, près de Nozeroy. L'Ain ira ensuite se jeter dans le Rhône.

Le lac de Vouglans possède 3 ports (700 anneaux au total) et 3 plages (Surchauffant, Bellecin, Mercantine).

 

Lac de Vougleans (5)

Lac de Vougleans (6)

 

Pour mon plus grand bonheur, j'ai pris ce bateau à roue (construit en Lorraine, pas loin de là où je suis née) pour parcourir le lac. Au fil de l'eau, on découvre la vallée engloutie, ses histoires et ses légendes, désormais devenue, lac majestueux de 35 kms de long, d'une balade l'après-midi. On peut aussi y manger le midi, tout en voguant sur les eaux.

Depuis le port de Surchauffant, on part en croisière sur le plus grand lac du Jura, découvrant la base de Bellecin et ses activités nautiques, le port de la Mercantine, ses voiliers, sa plage, son VVF, ses chalets, ses belvédères.

 

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C'est parti pour deux heures de balade sur l'eau.

 

Lac de Vougleans (10)

 

On passe sous le pont de la Pyle. Il impressionne par ses dimensions : 351 m de long, 9 m de large et 74 m de haut. Il relie les 2 rives du lac de Vouglans et fut construit suite à l'édification du barrage hydroélectrique de Vouglans. Il offre une belle vue sur le lac.

 

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Lac de Vougleans (13)

 

On apperçoit l'Ile "Maurice", la seule île du lac, qu'on peut atteindre à pied, en hiver quand le niveau est bas. En été, elle est recouverte par l'eau.

 

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Au bord du lac, il y a même une sirène qui sort sa queue de l'eau...

Lac de Vougleans (21)

 

 

La fédération française d'aviron féminin est basée ici. Mais on peut aussi pratiquer la baignade, la pêche, du pédalo, du kayak, du canoë, du stand up paddle, du bateau à moteur ou à voile, etc.

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Protégé par la loi Littoral, la loi Montagne sur la rive gauche, Natura 2000 sur la rive droite, plusieurs ZNIEFF, le lac de Vouglans a été remarquablement préservé de tout urbanisme disgracieux.

Le conservatoire du littoral a commencé à acquérir des parcelles au bord du lac.

3 ports de plaisance ont été aménagés, à la Saisse, Surchauffant et la Mercantine, ainsi que 3 plages à Bellecin, Surchauffant et la Mercantine. Une base nautique a été construite à Bellecin.

Le lac est divisé en trois zones : en amont une zone est résevrée à la pêche au niveau de Surchauffant, près du pont de la Pyle se trouve la zone réservé au motonautisme, en aval près de Bellecin se trouve la zone réservée à la voile.

Mais voilà, le voyage est terminé. Nous rentrons au port.

 

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Si vous passez par là, n'hésitez pas à monter sur le Louisiane. C'est un moment très agréable et reposant, et on rit beaucoup avec les explications du commandant de bord. De plus, vous en prendrez plein les yeux ! Avec un peu de chance, vous pourrez même voir des milans au-dessus des arbres; et si vous venez en hiver, des lynx et autres animaux sauvages traverser le lac à la nage !

 

C'est tout pour aujourd'hui.

 

Bisous de Calinquette

 

 

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28 septembre 2019

Orgelet 2

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Nous voici de retour à Orgelet pour la suite de notre visite.

 

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Et entrons dans cette jolie brocante, au coeur du village.

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Un dernier tour avant de partir.

On glisse quelques siècles plus loin pour rencontrer Cadet Roussel. Vous connaissez la chanson ? Mais connaissez-vous l’histoire de ce garçon réputé bon vivant, né à Orgelet, parti pour Auxerre où il devient huissier, révolutionnaire actif et propriétaire d’une maison étrangement biscornue. Une excentricité qui motive quelques quolibets de ses concitoyens et cette fameuse comptine. Une statue se trouve à la place de son ancienne maison qui a brûlé en 1752.

 

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Fin de la visite. Je vous retrouve bientôt pour de nouveaux horizons. Par contre, si vous passez par Orgelet un jour, ne passez pas à côté des pizzas de mon neveu, elles sont à tomber ! Pas difficile à trouver, en prime, il se trouve dans le rond-point central du village...

 

A très vite

 

Calinquette

 

 

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27 septembre 2019

Orgelet 1

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Orgelet est une petite commune du Jura, nichée au pied du Mont Orgier culminant à 672 mètres d'altitude. La cité de caractère d’Orgelet, ses fortifications et belles bâtisses témoignent des fastes d’autrefois.. On estime sa naissance vers le milieu du XIIe siècle avec l'édification du château éponyme. Entre deux guerres, la cité prospère essentiellement grâce à l'artisanat et à l'agriculture très présente jusque dans le centre-ville. Vers le début du XXe siècle, la physionomie de la ville change radicalement. Les artisans sont toujours présents, mais la tannerie et la cordonnerie ont disparu. Le centre-ville redevient propriété des citadins et les troupeaux de vaches sont relégués aux alentours dans les prairies environnantes. Enfin, la commune acquiert les rives du lac de Vouglans, un lac artificiel causant la disparition d'un village voisin, et l'aspect touristique commence à devenir intéressant.

Église fortifiée, hôtels particuliers, rues pittoresques, ancien couvent des Bernardines, site de l’ancien château… sont autant de vestiges du passé qui font d’Orgelet aujourd’hui une Cité de Caractère de Bourgogne-Franche-Comté.

Le premier château à l’origine du village aurait été édifié au XIIème siècle, mais c’est avec l’arrivée des comtes de Chalon, au début du XIIIème siècle, qu’Orgelet devient le chef lieu d’une vaste et puissante baronnie. Le château est aujourd'hui en ruines.

 

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L'église de Notre Dame de l'Assomption, du XVIIème siècle, vaut le détour ! Entièrement restaurée en 1994, elle est surmontée d’un imposant clocher et elle renferme le pavement médiéval (vers 1300) découvert dans les ruines du château. Il est unique de part sa dimension et ses motifs. On peut également y admirer l’orgue le plus ancien de Franche-Comté et une remarquable chasublerie. C'est un vaste vaisseau de 46 m de long avec un transept  de 32 m, largement débordant, le tout sur une hauteur de plus de 15 m (dimensions intérieures). En 1633 l'église est consacrée par l'évêque Philippe Patornay.

 

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On pénêtre dans l'édifice par une porte latérale, la disposition classique d'une église, ouverture à l'ouest dans l'axe de la nef n'a pas été respectée car le seul accès possible était au nord à l'abri des remparts.

On peut admirer, parmi les plus beaux objets mobiliers de l'église le lutrin en bois sculpté du XVIIème représentant l'aigle à deux têtes couronnées et aux ailes déployées emblème du St Empire romain germanique dominant le monde. Ce qui peut paraître surprenant c'est qu'il est postérieur à la conquête francaise.

 

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A l'opposé du choeur, au fond de la nef, rompant la continuté de la ballustrade des tribunes, se trouve un orgue placé là en 1724 par Marin Carrouge d'Ornans. Il avait été préalablement installé par un facteur inconnu du XVIIème dans un jubé (détruit depuis) qui surplombait le choeur. Il a été construit pour cette église comme en témoigne les trois épis d'or qui ornent le buffet, rappel des armoiries  d'Orgelet qui sont d'azur aux trois épis d'or.

 

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Ci-dessous :

- le bénitier. Ils sont très impressionnants dans les églises du Jura, que j'ai visitées.

- l'horloge de Mayet qui a été descendue en 1983 pour être remplacée par un système électrique.

 

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Parcourons mintenant les rues d'Orgelet. J'adore les hautes cheminées et le paratonnerres que l'on voit de partout.

 

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La mairie et son cadran solaire.

 

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Encore un peu de patience, et je vous montre la suite de la visite.

 

Bisouilles

 

Calinquette

 

 

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25 septembre 2019

Saint-Claude - Cathédrale Saint Pierre

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Après les visites des musées, et parce qu'il était trop tard pour faire celui des automates, je me suis arrêtée pour visiter la Cathédrale Saint Pierre.

Construite aux XIVe et XVe siècle, achevée au XVIIIe. Eglise fortifiée, d'aspect austère et rigoureux, les murs extérieurs font jusqu'à 3 m d'épaisseur. L'intérieur est de style gothique, son ensemble sévère et massif contraste avec les stalles et le retable italien de 1533. Abbaye prestigieuse avant 1742, elle fut longtemps l'objet d'un pèlerinage international durant la période moderne, motivé par les reliques de Saint-Claude.

Le choeur est orné de très belles stalles historiées datant du XVe siècle, classées parmi les plus belles de France, dont une partie a du être reconstituée après l’incendie de 1983, oeuvre de Jehan de Vitry.

Plus communément connue sous le nom de cathédrale Saint-Pierre, la cathédrale de Saint-Claude est en fait consacrée aux trois apôtres : Pierre, Paul et André. La durée de son édification s’explique par des problèmes financiers dûs à la peste, des incendies et des pillages qui touchèrent la ville. Fondée en tant qu’abbaye, elle fut par la suite élevée au rang de cathédrale au XVIIIe siècle.

 La cathédrale renferme des trésors insoupçonnés dont un splendide retable datant du XVIe siècle, de style renaissance et offert par l’évêque de Genève.

Pour assurer la protection du patrimoine de la ville, la cathédrale a été classée monument historique. 

 

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Il est temps de quitter Saint-Claude, ville riche en musées et patrimoine.

 

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Mais nous ne quittons pas le Jura pour autant, j'ai encore plein d'endroits à vous montrer...

 

BiZoux ! BiSous !

 

Cal'

 

 

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21 septembre 2019

Saint-Claude - Musée du diamant, des pierres précieuses et pierres de synthèse

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Le musée des diamants, pierres fines, pierres précieuses et de synthèse

Comme pour les pipes, nous avons droit à un petit film qui nous explique comment est née cette industrie, autre activité majeure, à Saint-Claude.

Les premières traces des lapidaires dans le Jura datent de 1550.

Aux XVIème et XVIIème siècles, les persécutions calvinistes à Genève ont repoussé des artisans catholiques de l’autre côté de la frontière, en France.

1685 : la révocation de l’Édit de Nantes force les lapidaires et diamantaires protestants de Paris à aller en Suisse pour fuir les persécutions ce qui revitalisa les secteurs des horlogers et des joailliers dans le canton de Genève. Certains avaient choisi Saint-Claude où ils avaient apporté leur savoir-faire et leur fortune. La proximité de la Suisse et de son industrie horlogère, la disponibilité de la main d’œuvre (paysanne) pendant les longs mois d’hiver ainsi que son habileté, la présence de nombreux cours d’eau utilisés pour l’entrainement des meules dans les ateliers par l’énergie de roues à aubes, sont les raisons essentielles à l’implantation de l’industrie de la taille de la pierre à Saint-Claude.

1704 : le rubis est utilisé dans les mécanismes d’horlogerie. Ces pierres résistantes permettent d’améliorer de manière très forte la durée de vie des mécanismes.

1735 : introduction de la taille de la pierre dans le Jura par Michaud, un horloger genevois.

1770 : on ne dénombre pas moins de 600 lapidaires sur le plateau du Haut-Jura.

19e siècle : l’économie liée l’activité lapidaire contribue fortement à la dynamique de la région du Haut-Jura.

1878 : Eugène Goudard installe une machine industrielle grâce à l’énergie de la Bienne à Mont-Brillant près de Saint-Claude.

1914 : création des ateliers coopératifs des lapidaires du Jura

1925 : on dénombre 20 ateliers de lapidaires et très peu d’entre eux survivront à la crise des années 30.

Depuis près de trois siècles, Saint-Claude et ses proches environs sont liés à l’industrie de la pierre : diamants de joaillerie, pour l’industrie (outils), pierres fines, pierres précieuses, pierres synthétiques.

Le musée est une vitrine de ces métiers, d’origines artisanales, qui ont su s’adapter au fil des décennies afin de produite plus efficacement, toujours dans le but d’améliorer la qualité de la taille et cela grâce à l’esprit inventif des ateliers jurassiens.

La taille du diamant, pratiquée d’emblée en usine par une main d’œuvre qualifiée et mieux payée que celle de la pipe, prend son essor à Saint-Claude entre 1885 et 1914.

 

Diamantaires et lapidaires

Les diamantaires taillent uniquement le diamant. Les lapidaires (du latin lapis, « pierre »), façonnent et taillent des pierres précieuses ou non, de manière à les rendre dignes d’orner des bijoux ou des objets d’art.

L’exposition montre des collections originales de pierres brutes et taillées : diamants, pierres fines et précieuses et pierres synthétiques. On y voit aussi la reconstitution d’un atelier de taille animé par des automates.

Le diamant est un cristal de carbone pur. C’est le minéral le plus dur. Les diamants proviennent d’Afrique (Zaïre, Bostwana, Zimbabwe, Afrique du Sud), d’Australie, de Russie, du Brésil et du Canada. La plupart des diamants bruts sont exploités et vendus par la société De Beers. Les pierres sont classées et préparées dans leurs bureaux de Londres. Dans les vitrines on peut voir des diamants taillés à Saint-Claude :

-          le brillant : taille ronde à 57 facettes qui est la taille la plus courante.

-          les tailles "fantaisies", navettes, poires, baguettes et princesses.

-          les tailles 8/8 facettes pour les toutes petites pierres.

Les rubis et saphirs (famille des corindons) et les émeraudes (famille des béryls) sont des pierres précieuses.

Il existe aussi des pierres fines telles qu’améthystes, topazes, citrines et grenats.

Toutes ces pierres sont travaillées dans la région alors qu’il n’existe aucune mine. L’origine de cette profession est due aux évènements politiques et religieux liés à l’édit de Nantes (Cf. explications du début).

Les pierres synthétiques s’obtiennent par fusion et cristallisation d’oxyde d’aluminie très pur par calcination dans un chalumeau oxydrique. Strass, Yag, oxyde de zirconium sont des pierres bon marché destinées à la bijouterie fantaisie. Avec l’automatisation des machines la production est de qualité et compétitive.

L’unité de poids utilisé dans le négoce de pierre est le carat (1/5 g).

Pour la taille et le polissage des pierres on utilise de la poudre de diamant broyé très fine : le Boart.

L’exposition présente aussi des reproductions de diamants. Le plus célèbre est le Cullinam découvert en Afrique du Sud en 1905 et offert au roi Edouard VII. Le brut pesait 3024 carats. De sa taille sont issues 9 pierres qui appartiennent au Trésor de la Couronne d’Angleterre et ornent sceptre, couronnes et colliers royaux.

L’industrie de la taille a employé à son apogée près de 3500 personnes, Saint-Claude étant le 4ème centre mondial de production. En 2010 il restait 261 emplois. 

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Le premières vitrines de ce musée présentent des minéraux de provenance et de structures diverses. Ces roches n'ont pas de rapport direct avec les métiers de la taille, si ce n'est leur appartenance à la famille des gemmes dont la beauté pour les uns, la couleur pour les autres, ainsi que l'originalité de leurs formes, en font des échantillons très agréables à observer.

Certains tailleurs lapidaires sont de véritables artistes. La passion pour leur profession les conduit à se présenter au concours des meilleurs ouvriers de France. Dans la virtine qui leur est consacrée, sont exposées des réalisations de leurs "chef-d'oeuvres", ainsi que des essais de taille très complexes qui ont nécessité des centaines d'heures d'étude et de travail sur la meule.

Une autre vitrine présente la taille de pierres fines assez impressionnantes tant par leur dimensions que par la précision du facettage et du polissage. Cette collection est l'aboutissement d'années d'expérience et de travail minutieux, essentiellement sur les bases de quartz, par M Grossiord, artisant aujourd'hui décédé.

Viennent ensuite deux places animées par des automates animés :

- la place des diamantaires. Elle représente l'établi généralement utilisé dans les ateliers, les meules en fonte (vitesse de rotation de 3 000 tours par minutes), le plateau en acier enduit de diamant pilé en poudre, les pinces au plomb, à diviseur mécanique, la loupe X10, qui rappelle l'habileté et la patience, les longues années de formation, ingrédients indispensables pour réaliser la taille d'un diamant. Ce matériel a beaucoup évolué. Tout a été mis en oeuvre pour améliorer la production, en même temps que la qualité de la taille.

- la place des lapidaires. Exemplaire de banc de travail, tel qu'on pouvait le rencontrer dans la plupart des fermes du Haut-Jura au siècle dernier. Pour rappel, la taille des pierres était une activité complémentaire indispensable au métier de paysans, trop longtemps isolés sur le plateau durant les longs mois d'hiver. Après s'être occupé des animaux de la ferme, le couple taillait et polissait pour le compte d'ateliers de la ville ou de grossistes. L'homme actionnait la meule en cuivre à la main et donnait forme à ces pierres par facettage successifs, aidé par le porte pierre (évention) tenant lieu de diviseur. Sa femme, en face de lui, polissait les pierres sur une meule plus douce en bronze, enduite de tripolis (poudre abrasive).

 

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Anciennes photos d'ateliers

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Reproduction des joyaux et du sceptre de la couronne d'Angleterre :

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Les pierres de synthèse :

De tout temps, l'homme a cherché à copier la nature, dans le but de faire aussi beau et aussi bien, et évidemment de produire moins cher. Une industrie nouvelle est apparue. Les premières imitations utilisaient le verre ou autres produits communs, puis au fil du temps, les progrès de la chimie aidant, d'autres dérivés sont nés. Par exemple, les doublets (1/2 pierres naturelles - 1/2 paties de verre assemblées et collées), le strass, les pierres synthétiques, le yag... Sans oublier l'oxyde de ziconium, l'une des plus proches imitations du diamant.

Les pierres synthétiques sont fabriquées d'après le principe découvert par A Verneuil, la fusion et cristallisation d'oxyde d'aluminie très pur (98 %) par calcination dans un chalumeau hydrolique. La composition chimique des pierres synthétiques est proche de celles des pierres naturelles. La coloration  sera obtenue par apport de différents additifs :

- fer + Chrome = rouge rubis

- coblat pour le bleu du saphir

Toutes les couleurs sont possibles. Toutes les formes sont réalisables. L'automatisation des machines à polir permet de réaliser une production de qualité et compétitive sur les marchés.

 

Ci-dessous des photos de chalumeaux hydroliques :

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Quelques pierres de synthèse brutes :

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Le diamant est un cristal de carbonne pur. Il est le seul des minéraux à être constitué d'un unique composant et le plus dur.


Du diamant brut au diamant taillé, les quatre étapes techniques de la taille :


Le tailleur commence par un examen précis du diamant brut afin de déterminer quelle forme il va lui donner et la manière dont il va la découper afin d’obtenir le(s) diamant(s) le(s) plus gros avec le moins d’inclusions possibles. 
Il va tailler le diamant selon 4 étapes successives: 


1. Le clivage : cette étape consiste à fendre la pierre. Pour cela, le cliveur fait une petite entaille dans la pierre et y place une lame sur laquelle il va donner un coup pour partager le diamant brut. C’est à cette étape que l’on élimine les défauts comme, par exemple, les inclusions (impuretés qui sont apparus dans le diamant lors de sa cristallisation) 

2. Le sciage : il va permettre de découper le diamant en plusieurs morceaux à l’aide d’une scie en forme de disque. 

3. L’ébrutage ou débrutage : il permet de donner à la pierre une forme arrondie. Cette opération est réalisée à l’aide d’un autre diamant que l’on frotte contre la pierre à tailler. 

4. Le facettage ou polissage : il permet d’obtenir de petites surfaces planes, que l’on appelle des facettes, grâce à un disque enduit d’huile et de poudre de diamant que l’on frotte contre le diamant.

La composition du diamant taillé :

diamant

 


- La table : c'est la plus grande facette du diamant

- La couronne (crown) : c'est la partie supérieur du diamant située au dessus du rondiste

- Le rondiste (girdle) : bande étroite située entre la culasse et la couronne 

- La culasse (pavilion) : c’est la partie inférieure du diamant située sous le rondiste

- La colette (culet) : c’est la pointe de la culasse 

- Le bezel ou coin de table : c’est le nom d’une facette située dans la couronne du diamant 

- L’haléfi : c’est une facette qui est située sur la couronne ou la culasse et qui part du rondiste 

- L’étoile : facette en forme de triangle située dans la couronne et qui sépare deux bezels

 - Le pavillon : facette située dans la culasse
 

La brillance du diamant 


Vous trouverez ci-dessous des schémas vous expliquant, de manière simple, l’impact de la taille sur la brillance du diamant: 
brillance diamant

Le but du tailleur est donc de tailler la pierre de telle sorte que tout rayon lumineux ressorte par le dessus du diamant, appelé « couronne », pour maximiser sa brillance. Il cherchera ainsi, à optimiser, ce que l’on appelle les proportions du diamant. L’appareil qui permet de les mesurer s’appelle le « Proportionscope ». Au-delà des proportions, le tailleur devra également veiller à optimiser son « finish » c'est-à-dire la qualité de son poli (finition de l’extérieur de la pierre) et de sa symétrie qui ont également un impact important sur l’éclat du diamant. Vous en trouverez une évaluation dans votre certificat : 
- Excellent 
- Very good (Très bon)
 - Good (Bon) 
- Fair (Assez bon)
 - Poor (Médiocre) 

Les formes de diamant


Il existe plusieurs manières de tailler un diamant et donc plusieurs formes : 
- Taille Brillant 
- Taille Princesse 
- Taille Emeraude 
- Taille Asscher 
- Taille Ovale 
- Taille Radiant 
- Taille Poire 
- Taille Coeur 
- Taille Coussin 

On doit à Marcel Tolkowsky, en 1919, l’invention de la taille « brillant », de forme ronde qui permet d’obtenir une brillance maximale du diamant. C’est la taille la plus répandue actuellement. Elle compte 58 facettes.

 

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Un univers qui fait rêver. Un savoir-faire incroyable. Ce musée est fort intéressant.

On en prend plein les yeux.

 

Après les pipes, j'espère que cet univers plus féminin vous aura intéressé. J'ai essayé d'être le plus concise dans mes explications.

 

Je vous fais des bisettes à mille facettes.

 

Calinquette

 

 

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19 septembre 2019

Saint-Claude - Musée de la pipe 2

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Suite et fin du musée de la pipe à Saint-Claude.

 

La confrérie des Maîtres pipiers a été créée en 1966. Elle compte plus de mille confrères du monde entier, choisis pour leur passion de la pipe.  Elle se réunit trois fois par an, en chapitre, dont un au cours duquel est intronisé le premier fumeur de pipe de France, élu par ses pairs.

Dans cette salle, on trouve des pipes à l'éfigie de personnes très connues, telle que Claude Chabrol, Nino Ferrer, Gérard d'Aboville, Bertrand Blier, Francis Perrin, etc.

 

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La salle de réunion de la confrérie.

 

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On quitte la salle de la confrérie pour entrer dans les deux dernières pièces du musée, qui en compte six. Ici, on trouve des pipes sculptées sur différents thèmes : hommes politiques d'hier et d'aujourd'hui, animaux, Astérix et Obélix, Guignol, on passe du zouave à Michel-Ange, de Paul Bocuse aux fables de La Fontaine. Bref, tous les univers sont sculptés avec un savoir faire incroyable, pour le plus grand plaisir de nos yeux.

 

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Je termine ici l'épopée de la pipe.

Il me reste à vous montrer la partie sur le diamant et les pierres précieuses. Ce sera pour la prochaine fois...

 

Gros poutous

 

Calinquette

 

 

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18 septembre 2019

Saint-Claude - Musée de la pipe et du diamant 1

Musée de la pipe de Saint Claude 1 (1)

 

Dans mon dernier billet, je vous ai expliqué la fabrication des pipes. Je ne vais donc pas y revenir.

Je reste cependant sur le sujet, en vous invitant à visiter le musée de la pipe à Saint-Claude. On y voit une exposition permanente de pipes qui datent des temps les plus reculés à nos jours. Un nombre et une diversité surprenants. Certaines sont d’ailleurs d’une valeur inestimable. Sans compter une belle exposition de tabatières. Au XVIIème siècle, Saint-Claude est devenu la capitale mondiale de la pipe.

L'histoire du tabac et la pipe sont évoquées par le biais d'une présentation riche et unique au monde.

Une vidéo retrace l'histoire des pipiers, ses origines, son évolution et nous fait découvrir la fabrication de la pipe en bruyère ainsi que la diversité des modèles et des matériaux utilisés, les techniques de fabrication de cet objet singulier dont Saint-Claude Claude devient, au XIXème siècle, le centre mondial.

 

En fait, ce musée réunit deux spécialités de la ville. La confrérie des maîtres pipiers et l'association des diamantaires et lapidaires du Haut-Jura ont créé ce musée pour présenter leur travail et des collections de pipes et de pierres précieuses, pour mieux faire connaître ces deux métiers si particuliers qui ont fait le renom de Saint-Claude et de sa région.

. J’aborderai le sujet des pierres dans un prochain billet. Pour l’heure, j'en finis avec le sujet de la pipe.

 

A l'entrée de la ville, le ton est donné :

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Dans les rues, même les poubelles évoquent la pipe :

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On passe devant de jolies fresques qui décrivent le Jura pour se rendre au musée.

 

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A l'entrée, d'anciennes affiches nous accueillent. Puis commencent les vitrine de pipes, de toutes sortes, matières, de tous âges et pays.

 

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Dans ce musée, on trouve aussi des moules de reproductions de statues, comme ci-dessous.

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Cette grande machine qui occupe toute une pièce servait à reproduire les sculptures.

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Ci-dessous, une tour au marchepied qui a précédé l'énergie hydraulique, servant à la tournerie.

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De nombreuses et superbes tabatières en nacre, corne de buffle, palissandre, écaille de tortue, décorées d'argent, de nacre, d'ivoire. Des tabatières chaussures, de mineurs, queue de rat, réversibles, à secret, etc.

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Des fume-cigarettes.

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Et surtout des pipes de plus en plus travaillées, avec des photos des membres de la confrérie des fumeurs de pipes.

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Afin de ne pas faire un billet trop long, je le coupe en deux. La prochaine fois, je vous fait découvrir la confrérie des fumeurs de pipes...

 

En attendant je vous fais de gros bisous.

 

Calinquette

 

 

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14 septembre 2019

Villard-Saint-Sauveur - Chacom

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On continue les visites dans le Jura.

Aujourd'hui, je change de registre et vous propose de nous déplacer à Villard-Saint-Sauveur, juste après Saint-Claude.

 

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Web

 

Située dans le Parc Naturel Régional du Haut-Jura, au confluent de la Bienne et du Tacon, dans un bel environnement montagneux, la ville de Saint-Claude est célèbre pour son artisanat et plus particulièrement pour sa fabrication de pipes de bruyère. Le musée de la Pipe et du Diamant expose des collections de pipes, de diamants et de pierres précieuses.

Vestige d'une ancienne abbaye, la cathédrale Saint-Pierre, de style gothique, est dotée d'une façade classique. A l'intérieur, un superbe retable du XVIe siècle ainsi que de magnifiques stalles en bois s'offrent au regard.

La ville constitue un excellent point de départ pour se rendre aux gorges du Flumen.

A partir de la fabrication d’objets en bois (jeux, objets de piété,…), basée notamment sur la tournerie, Saint-Claude va diversifier ses activités et fabriquer des pipes en bois de bruyère. Rapidement, la ville devient la capitale de ce savoir-faire avec pas moins de 14 entreprises. Les usines de la ville vont avoir le monopole de fabrication des pipes jusqu’en 1855. Dans le même temps, les familles de Saint-Claude et des environs élargissent leurs activités pour tailler le diamant et les pierres précieuses toujours en utilisant la force hydraulique de l’eau des rivières de la Bienne, du Tacon et du Flumen qui traversent Saint-Claude. Patients et précis, les diamentaires et apidaires de Saint-Claude se taillent rapidement une excellente réputation dans le monde de la joaillerie.

Dans ce billet, nous allons aborder le domaine de la pipe, avec la fabrique-musée de Chacom, qui se trouve à côté de Saint-Claude., à Villard-Saint-Sauveur

 

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Suivons les pipes au sol pour accéder au magasin.

 

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Au fond de la pièce, se retrace l'histoire de la pipe Chacom. L'hôtesse nous explique tout.

 Introduit en France en 1560 par Jean Nicot, le tabac était prisé ou chiqué puis enfin fumé en roulant les feuilles sur elles même. Ce n'est que plus tard que la pipe fût largement adoptée. Les premières pipes occidentales étaient en terre cuite, matériau peu couteux et aisément façonnable. Toutefois ces pipes n'étaient pas considérées comme durables car très fragiles.

Depuis le moyen âge, la région de Saint-Claude accueille de nombreux ateliers où les essences de bois locales étaient façonnées en de divers objets dont des pipes. Le buis, le hêtre ou le merisier étaient les essences de prédilection. Néanmoins ces pipes avaient une durée de vie très courte. Le bois résistait mal à la chaleur et le bois influençait le goût du tabac. C'est à partir de 1852 que la bruyère arborescente (érics arborea) fut reconnue pour ses caractéristiques.. C'est un arbuste à fleurs blanches qui peut atteindre 4 à 6 mètres de haut et qui pousse à l'état sauvage au milieu des chênes-lièges ou dans les maquis. Il a la particularité de posséder, entre le tronc et les racines, une excroissance en forme de boule appelée souche.

 

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  Les avantages de cette matière sont la légèreté (on peut garder la pipe en bouche sans peine), la grande faculté d'absorption de l'humidité pour une plus longue durée de vie, et son goût neutre qui permet de mieux savourer les arômes du tabac.

Très rapidement les fabricants de Saint Claude ont abandonné les essences de bois locales et aujourd'hui la bruyère représente la quasi totalité des pipes réalisées.

Voir racine ci-dessous.

 

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Passons aux différentes étapes de la fabrication d'une pipe :


- L'âge des bruyères. Il faut selon les terrains, de 40 à 50 ans pour obtenir une souche exploitable. Il existe des crus meilleurs que d'autres. Pour fabriquer une bonne pipe, on doit avoir au départ une bonne bruyère.
 
- L'arrachage des souches. Par lui commence le processus de transformation. L'arracheur sait, au vu d'un arbuste de bruyère, s'il va donner ou non une souche suffisante (environ 20 cm de diamètre minimum). Son travail consiste à déterrer la souche, à la séparer de ses racines, à la couper de son tronc, à la nettoyer ensuite de la terre et des cailloux qui s'y trouvent mêlés. Il la partage enfin en quartiers pour vérifier qu'elle est saine. Ce sont ces quartiers de souches, prêts à être transformés, qu'il vend au fabricant d'ébauchons, installé à proximité. La période de la cueillette ou arrachage se déroule d'octobre à mars-avril. Les autres mois, la terre est trop sèche pour que l'arrachage puisse se poursuivre sans danger d'éclatement et de détérioration des souches.
 
- La transformation en ébauchons. A la scierie, les souches sont stockées en tas dans des hangars et dans des trous. Recouvertes de branchages ou de sacs, elles sont maintenues en continuel état d'humidité pour éviter qu'elles ne se fendent. Intervient alors le sciage des ébauchons, une profession rare et difficile. Le scieur doit étudier chaque quartier de souche pour en tirer le meilleur rendement. Il doit aussi s'efforcer de suivre au mieux le veinage ou le grain de la bruyère. Selon les défauts à éliminer, selon les caractéristiques de la souche, il la taillera en marseillaises qui serviront à faire des pipes droites ou en relevés qui feront des pipes courbées. Il faut 5 à 6 quintaux de souches pour obtenir une balle d'ébauchons. Le scieur fait en même temps la sélection des qualités (extra, premier et race, cette dernière étant réservée aux pipes de second ordre). Après sciage et tri, les ébauchons sont plongés dans une cuve en cuivre remplie d'eau. Ils y sont étuvés à l'eau bouillante pendant près de 20 heures. Cette opération a pour but de retirer la sève de la bruyère et de stabiliser ainsi le bois.

 

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- Les ébauchons. Les ébauchons subissent alors un premier échange naturel très lent. Déjà triés par qualité, ils vont être maintenant triés par taille. Il existe ainsi 13 tailles de marseillaises et 6 tailles de relevés. Ils sont ensuite comptés et mis en sac. L'unité de vente est la balle, qui correspond à une quantité d'ébauchons donnée, variable selon la taille.

- L'ébauchage. A partir de l'ébauchon brut, c'est la première étape : le dessus de la tête et du fourneau (foyer) sont  façonnés.

 

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- Le Varlopage. Etape qui consiste au tournage de la tige ronde de la pipe.
 

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- Le fraisage. Le dessous de la tête (bol) est taillée avec une fraise particulière dont la forme peut varier en fonction du profil que l'on veut donner à la pipe.

 

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- Le Perçage. Cette opération est très délicate car le trou de tirage doit aboutir très exactement à la partie basse du foyer et à l'autre extrémité, être centré dans la mortaise qui recevra le floc (tenon) du tuyau. Le but de cette opération est d'obtenir un tirage parfait sans condensation.

 

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- Le Rapage. Les surplus de matière (bruyère) sont éliminés à la lime. Cette opération est de nos jours de plus en plus mécanisé.

 

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- Le Montage. Ajustement du tuyau sur la tige.

 

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- Le Polissage. D'une pièce brute va naître une pipe. Des grains de toile de plus en plus fins sont utilisés pour arriver à un polissage et une finition parfaite de la pipe. L'ouvrier devra mettre en valeur le grain, la flamme et la qualité de la bruyère.

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- Le badigeonnage. La pipe est teintée avec une solution contenant de l'alcool puis flammée sur un petit réchaud. Le fabricant détermine la couleur souhaitée.

 

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- L'Eclaicissage. La couleur et le vernis posés, la pipe repasse par une phase très minutieuse et définitive de polissage. La couleur pourra être prédominante ou éclaircie pour n'imprégner que certaines parties du bois comme les veines.

 

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- Le Marquage.

 

 

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Des films, des vitrines, des photos retracent toute l'histoire de la pipe au fond de la boutique. Voici quelques photos que j'ai prises.

 

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Les différents marquages Chacom.

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Avant de quitter les lieux, choisir celle qui repartirait avec moi. Quand j'étais plus jeune, je fumais la pipe de mon grand-père, jusqu'à ce qu'elle devienne inutilisable. Je rêvais d'en avoir une à moi et celle-ci est très féminine.

 

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Fumer la pipe c'est tout un art. Il existe même une confrérie des fumeurs de pipe, créée en 1966. Et un championnat de France des fumeurs de pipe. Ces derniers doivent tenir leur pipe allumée le plus longtemps possible. Un heureux gagnant a déjà tenu plus de deux heures !

Document à lire pour celles et ceux qui veulent s'y mettre...

 

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C'est ici que s'arrête la visite des pipes Chacom.

Je suis désolée si ce billet est un peu long, mais je ne voulais pas le couper afin que tout soit bien clair sur le processus de fabrication et surtout je ne voulais pas que vous vous mélangiez avec un prochain texte sur le musée de la pipe dans le centre de Saint-Claude.

Belle journée !

 

Bisousssss

 

Calinquette

 

 

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12 septembre 2019

La fruitière 1900

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Une fruitière est une fromagerie traditionnelle de montagne où est transformé du lait cru en fromage. Cette appellation est d'usage dans les massifs du Jura et des Alpes, tant en France qu'en Suisse. Les producteurs locaux mettent en commun le lait de leur troupeau dans un lieu de transformation mutualisé, souvent une petite coopérative, pour produire un fromage artisanal et de grande taille.

Située à Thoiria, au coeur du pays des lacs jurassiens, dans la région de lacs, la Fruitière 1900 nous fait découvrir les secrets de la fabrication du Comté à la manière d'antan. Le fromager explique avec passion toutes les phases de la fabrication de ce fromage jurassien.

Je vous propose de découvrir une fruitière conservée en l'état depuis cent ans, où Sylvain, le fromager est le seul du département à continuer de produire le Comté de manière artisanale, au feu de bois.  Une fabrication « à l’'ancienne » mais tout à fait réelle qui a lieu uniquement le matin. Durant près de deux heures on le suit avec passion, le temps semblant s'arrêter devant ses gestes précis et en écoutant ses explications passionnées.

 

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A l'entrée, on trouve des outils de l'époque.

 

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Les producteurs de lait amenaient leur lait qui était pesé. Celui-ci était ensuite mis dans le chaudron en cuivre qui confère un goût particulier au fromage de Comté qui est une pâte cuite. Chaque ville avait sa fruitière. A ce jour, il reste le chaudron à l'entrée de nombreuses d'entre elles, maintemant rempli de fleurs.

Je vous invite à rentrer là où tout se passe.

 

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Il est temps de s'installer pour visualiser un petit film et assister à la fabrication du fromage.

 

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Un petit clic sur l'image ci-dessous pour la présentation filmée :

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Le lait se trouve dans le chaudron (environ 400 litres pour un seul fromage), il chauffe au-dessus de la braise, brassé par un batteur mécanique. C'est la seule modernité que la fruitière s'est octroyée. Dans le temps, il était brassé à la main. Il est temps d'y ajouter la présure dès lors qu'il est à la température de 32°, les bactéries lactiques vont permettre la bonne préparation du lait pour les étapes à suivre.

Cela nous laisse le temps d'écouter Sylvain nous expliquer le Comté.

Le lait est issu des vaches Montbéliardes qui doivent paître dans le massif du Jura, situation géographique obligatoire. Il y a une fruitière par rayon de 25 kilomètres de diamètre de paturage. Il ne faut pas plus d'une tête de bétail à l'hectare, soit trois fois moins que partout ailleurs en France. La nourriture des vaches donne la couleur au produit : pâte jaune, elles ont mangé de l'herbe, pâte blanche, du foin.

Seuls quatre ingrédients entrent dans la composition du Comté : le lait cru, les ferments lactiques, la présure et le sel qui sera posé dessus.

Il faut compter trente heures entre la traite et la fabrication du fromage.

Le temps d'affinage est de quatre mois, le fromage fini doit faire environ 45 kilogrammes, 40 cm de diamètre et 13 cm de haut.

 

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Le lait passe de l’état liquide à l’état solide (gel). Cette transformation s’effectue grâce à un élément complètement naturel : la présure, ce sont les protéines du lait qui interagissent ensemble. Cette étape de coagulation a un temps de 30 à 35 minutes. Avant cela, un changement d’outils s’effectue, les brassoirs sont remplacés par un matériel appelé « tranche caillé », ci-dessous.

 

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Le gel est découpé progressivement jusqu’à obtention d’un grain de caillé de la taille d’un grain de blé.
Cette étape permet l’extraction du petit lait appelé « lactosérum » afin d’obtenir la future texture du fromage.

 

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A cette étape, les tranches caillé sont retirés et les brassoirs sont remis en place. La cuve est chauffée. La température va augmenter progressivement jusqu’à 55°C en 35 minutes. Le plus impressionnant est de voir Sylvain nous donner la température rien qu'en mettant ses mains dans le chaudron... Le thermomètre confirmant ses dires. De la même manière, il arrive, rien qu'au toucher à détecter la bonne consistance de la pâte pour la mettre sous presse.

 

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Le brassage va continuer 25 minutes après chauffage, finalisant l'extration du sérum afin d'obtenir une cohésion qui se créé entre les grains. Le temps de sortir le moule, préparer le tablier et la toile de lin.

 

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C'est là qu'on assiste à une étape très particulière. Le fromager noue deux bouts de la toile de lin autour de son cou, l'autre extrémité est enroulée autour d'une tige en métal. Le but est de racler cette tige au fond du chaudron pour récupérer tous les grains et de les rassembler dans la toile, sans en laisser. Cela se fait en un seul passage, dans un mouvement très sensuel entre l'homme et la matière. Les quatre coins de la toile sont ensuite noués ensemble et accrochés à un treuil pour amener le tout dans le moule.


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La toile et la matière se trouvent maintenant dans le moule. Le fromager retend la toile de manière à ce qu'elle ne fasse pas de marques sur le fromage. Il place un couvercle en bois dessus et presse le tout afin de faire sortir le petit lait restant. On libère la presse afin de tourner le fromage dans le moule. on place une plaque de traçabilité sur le fromage afin de pouvoir l’identifier lors de son affinage. On rectifie la toile et on la remet sous presse pour une durée d'une heure. Ces dernières opérations sont très physiques ! 

 

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Ci-dessous une plaque d'affinage trouvée sur le Net, car j'ai pris peu de photos. J'ai surtout fait des films que je ne sais pas mettre en lien sur Canalblog.

 

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Le fromage est prêt à partir à l'affinage dans une coopérative, où il sera régulièrement retourné et brossé.

Si mes explications ne sont pas claires, je vous propose de cliquer sur l'image ci-dessous qui résume le procédé de fabrication en deux minutes de vidéo :

 

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Avant de quitter la fruitière, un petit passage par la boutique où se trouvent des fromages de divers producteurs de la région, en prime du Comté, mais aussi du vin du Jura, du miel, des saucisses de Morteau, ainsi que des objets liés à l'artisanat jurassien (corne, cuir, pipes, bois).

 

 

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Un dernier coup d'oeil au fromage du jour avant de quitter les lieux.

 

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Avant de terminer ce billet, je tiens à vous laisser une petite anecdote. Quand tout se passe bien, on obtient on beau fromage. Cependant, il arrive que la préparation ne prenne pas. Savez-vous ce que l'on en fait ? Eh bien, on ne la jette surtout pas. Tout lait non réussi (de divers fromages) finit en vache qui rit ! Maintenant vous saurez...

Quant au petit lait, il n'est pas jeté non plus. On en garde un seau pour le lendemain afin d'y mettre la présure. Le reste est donné au cochons. C'est obligatoire pour la saucisse de Morteau. Rien ne se pert, tout se transforme !

Il est temps pour moi de vous laisser, en espérant que vous aurez autant apprécié la visite que moi. Certes, rien ne vaut la présence sur les lieux (malgré les odeurs un peu trop fortes à mon goût), mais j'ai essayé de tout vous retranscire au plus près. Même quand on n'aime pas le Comté, comme moi, c'est très instructif !

 

Douce journée.

 

Calinquette

 

 

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