22 mars 2019

Notre Dame d'Aiguebelle

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Après vous avoir montré l'ancienne chocolaterie d'Aiguebelle à Donzère (Cf. billet du 6 mars 2019), je vous propose de visiter l'Abbaye d'Aiguebelle, là où tout a commencé . Elle se situe sur la commune de Montjoyer, dans la Drôme.

La fondation date du 26 juin 1137, suivant la tradition cistercienne

Le monastère est aménagé selon une configuration différente de l'actuelle, nombre d'édifices ayant été détruits. Très vite, les alentours de l'abbaye sont aménagés par les moines, qui y implantent des granges. La plus proche de ces granges donne plus tard naissance au village de Montjoyer. La prospérité caractérise les XIIe et XIIIe siècles. En revanche, les ravages de la guerre de cent ans appauvrissent fortement le monastère.

Par la suite, Aiguebelle restera dépendante de la province de Provence avant d'être rattachée, après la Révolution française, au département de la Drôme. Les moines ont d'ailleurs été dispersés lors de la Révoluton française.

Dès 1815, des cisterciens trappistes sont venus reprendre le flambeau. Ils trouvent l'abbaye dans un triste état : seules la cuisine et le réfectoire des moines sont à peu près intacts. Le réfectoire des convers et la salle capitulaire ont été transformés en écurie, le chauffoir en cave à vin, le cloître en stockage de fumier, l'église en étable et en bergerie. Les bras du transept n'ont plus ni voûtes ni toiture.

Les premiers travaux durent jusque vers 1847. Un nouveau clocher de trente-cinq mètres est construit (démoli depuis), ainsi qu'un plus modeste clocher-mur. L'abbatiale est également dotée d'un jubé ainsi que d'une tribune. Enfin, le cloître est recrépi, l'église blanchie et sa façade est refaite. Cette première campagne est suivie d'une deuxième visant les bâtiments conventuels, ainsi que l'hôtellerie et les jardins. Puis une seconde restauration vise l'église en 1856. L'hôtellerie est reconstruite plus haut sur le plateau en 1868, l'ancienne étant dorénavant utilisée comme infirmerie ; une hôtellerie féminine voit également le jour en 1884.

La communauté est extrêmement florissante ; elle compte 233 moines en 1850. Ils reprennent leurs activités traditionnelles (élevage et agriculture), puis diversifient leur production avec des activités plus artisanales. Ils fabriquent alors des chapelets, des balais, des corbeilles d'osier, etc. Entre 1841 et 1877, il y a une fabrique de draps ainsi qu'une minoterie en 1867. Puis la chocolaterie est l'activité principale et devient la première industrie d'Aiguebelle. Mais les moines ne sont pas assez nombreux et des ouvriers sont embauchés. Les moines s'occupent des activités spirituelles, culturelles et sociales de cette population. Mais le nombre d'ouvriers augmentant, et la vocation d'un monastère étant la prière et la méditation, la chocolaterie est transférée en 1895 à Donzère.

De 1914 à 1918, l'infirmerie de l'abbaye devient provisoirement un hôpital accueillant les soldats blessés de la première guerre mondiale. Durant la seconde, l'abbaye comptant environ 75 moines, ceux-ci fabriquent clandestinement de fausses cartes d'identité distribuées aux réfractaires au STO. Par ailleurs, la communauté accueille des réfugiés à l'abbaye à partir de la fin 1942, cachés dans les annexes de la distillerie. Des Juifs sont également accueillis, et déguisés en ouvriers agricoles. Des fermes dépendant du monastère cachent des groupes de résistants de l'armée secrète, et des armes auraient été cachées par l'armée en juin ou juillet 1940 dans la chaudière de l'édifice. En avril 1944, une perquisition de la Gestapo ne donne aucun résultat, mais les policiers nazis menacent les moines d'incendier l'abbaye.

Aiguebelle abrite actuellement une communauté de 22 moines cisterciens trappistes de 45 à 96 ans. Ils ont gardé une boutique ou l'on peut trouver des produits monastiques de nombreuses autres abbayes (gâteaux, biscuits, chocolat, confiserie, charcuterie, boissons, bougies, produits d'hygiène corporelle...), ainsi qu'une Librairie religieuse (livres, cartes, CD, DVD).

Il est aussi possible d'y effectuer des retraites.

Place aux photos prises sur place.

 

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On arrive au Mémorial de Tibhirine. Les 19 martyrs d'Algérie constituent un groupe de chrétiens catholiques qui furent assassinés entre 1994 et 1996 pendant la guere civile algérienne. Il est composé d'un évêque, de six religieuses et de douze prêtres et religieux, dont les sept moines de Tibhirine. Ils sont reconnus martyrs par le pape François et béatiffiés en Algérie.

 

Abbaye d'Aiguebelle (24)

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Abbaye d'Aiguebelle (27)

 

On finit la visite par le magasin.

 

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Et voilà, vous connaissez tout sur les moines d'Aiguebelle.

La prochaine fois, nous resterons encore un peu dans le monde du chocolat, mais je ne vous en dit pas plus...

 

Bisettes du week-end

 

Calinquette

 

 

Abbaye d'Aiguebelle (31)

Posté par Calinquette à 08:55 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
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