08 août 2017

Châtillon sur Chalaronne (l'hôpital)

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Les vacances sont synonymes de découvertes et de culture. Du moins en ce qui me concerne. Je vais donc durant l'été partager avec vous les lieux que j'ai visités, abandonnant quelques temps les créations. Aujourd'hui, retour à Châtillon sur Chalaronne, pour la fin de la visite. Attention, ce billet est un peu long, alors prenez le temps d'une pause pour le lire...

Au pied du château, à côté du musée vie et traditions, se trouve l'ancien hôpital de Châtillon sur Calaronne. Aujourd’hui Centre Culturel, cet édifice très ancien est classé Monument Historique en 1980.

En 1372, l’hôpital comptait 12 lits. Rénové en 1432. L’Ancien Hôpital de Châtillon, n’était qu’un simple refuge accueillant surtout les miséreux, qui y trouvaient un asile. La ville s’occupait des bâtiments, le fonctionnement était laissé à la charité publique. Cependant, pour y accéder, il ne fallait souffrir de la lèpre, il ne fallait pas être un enfant ou un vieillard (ces deux catégories étant vouée à être rappelés à Dieu) et non plus une femme enceinte (qui se devait d'accoucher dans le lit conjugal)...


Les bâtiments actuels de l’Ancien Hôpital furent construits en 1732 pour accueillir et soigner les pauvres, les indigents mais également les pèlerins, grâce à la générosité du Comte de Chatelard. En 1939, il fut transformé en maison de retraite, avant de fermer définitivement ses portes en 1979.

L’hôpital était dirigé par les Sœurs de Sainte Marthe, une communauté fondée pour diriger l’Hôtel Dieu de Beaune, en Bourgogne.

L’hôpital s’organisait autour d’une cour d’honneur, au centre de laquelle un jardin des plantes médicinales a été reconstitué. A l’origine, ce jardin dit « des Simples » se trouvait derrière le bâtiment, ainsi que le potager ou encore le lavoir. Le jardin des plantes se trouve maintenant à l'arrière du bâtiment.

 

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Le petit bâtiment ci-dessous est plus récent. Il a abrité , au premier étage, les femmes qui pouvaient enfin venir y accoucher. Et, comble du malsain, en son rez-de-chaussée, la morgue...

 

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Au premier étage du bâtiment sud se trouvait la loge d’un chirurgien-apothicaire, qui enseignait aux Soeurs la préparation et les vertus des plantes médicinales. Un aumônier célébrant les messes vivait également à ce niveau.

Le bâtiment nord se compose du dortoir des Sœurs, au premier étage, et de la cuisine, la salle à manger, l’ouvroir, la tisanerie et l’apothicairerie au rez-de-chaussée. Deux escaliers monumentaux en bois et rampe en fer forgé permettent d’accéder à l’étage aujourd’hui aménagé en centre d’hébergement. L’aile ouest se divise en trois parties : la chapelle au centre et les salles des malades de part et d’autre. En effet, hommes et femmes sont séparés dans l’hôpital et occupent chacun une salle. Les médicaments étaient fabriqués par les sœurs dans la tisanerie et l’apothicairerie, grâce en partie à la culture du jardin des simples. La façade arrière, rénovée, ouverte sur le Relevant abrite un parc paysager qui accueille des manifestations musicales.

 

La chapelle

Elle est classée Monument Historique pour ses boiseries et ses grilles en fer forgé. L’aumônier confessait les malades au moment de leur entrée à l’hôpital dans le confessionnal. La chapelle, est très sobre : les boiseries sont en chêne ; le confessionnal, à droite, et le meubles pour les objets du culte sont en noyer. De chaque côté, on trouve la salle des malades. Deux grilles en fer forgé la séparent des chambres des malades. Un aumônier dit la messe tous les jours, la chapelle est alors ouverte sur les deux salles de malades pour que les personnes alitées puissent assister à la messe. Les malades accordent une importance toute particulière aux messes : être sauvé par la religion prime sur la guérison.

La chapelle renferme des pièces très intéressantes : Les vitraux représentent la Résurrection de Lazare (frère de Marthe et de Marie) et la Rencontre de Marthe et Marie avec Jésus. Sur ce vitrail, Marthe se plaint de Marie à Jésus ; celui-ci lui répond que Marie a choisi la meilleure part. Le vitrail au-dessus de la porte représente le Sacré-Cœur. Une huile sur toile représentant Saint Vincent de Paul, une peinture sur bois, une vierge à l’enfant, sur bois, et un tableau de forme inhabituelle situé entre les vitraux.

Dans l’hôtel, les reliques sont celles de Sainte Claire née à Assise (elle a fondé la Congrégation des Clarisses) et de Saint Fortunat (né à Poitiers). Nous ignorons l’origine de ses reliques mais quelques hypothèses peuvent être avancées. Châtillon est un lieu de pèlerinage sur la route de Saint Jacques de Compostelle, Saint Vincent de Paul a séjourné à Châtillon et le village du Curé d’Ars est situé à une dizaine de kilomètres d’ici. Aussi, les pèlerins peuvent-ils donner des objets divers et variés.

 

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Une photo représentant la salle des malades (ci-dessous). Ils étaient jusqu'à 3 dans les lits où ils ne dormaient pas couchés mais assis. La salle était haute sous plafond et seulement chauffée par un petit poêle.

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L’apothicairerie

En 1814, un aumônier, l’abbé Robin, offre à l’hôpital les boiseries de style Directoire et les 120 pots en faïence de Meillonnas qui vont équiper l’apothicairerie. Les sœurs préparaient ici les remèdes pour les patients de l’hôpital, mais également pour les villageois qui, eux, les achetaient. Tout est marqué en français, ce qui est fort rare à l'époque où le latin était privilégié en matière de médecine.

Dans le bas du meuble sont rangés les ustensiles. Au dessus se trouvent des tiroirs sur lesquels apparaissent des codes, tels que « f » qui signifie « feuille », « d » pour « de » et les trois premières lettres de la plante. Mortiers en bronze, marbre ou albâtre, pilons et poids ont également été conservés. Les pots contiennent des plantes, mais également d’autres produits ou potions aux vertus surprenantes : le citron comme rafraîchissant, la réglisse contre le rhume, le chocolat de santé comme tonique, les cloportes comme diurétique, l’élixir de longue vie.

On entre dans l'apothicairerie après ce hall où se trouve l'ancien mécanisme de l'horloge de la ville, et le fameux poêle qui chauffait la salle des malades, autant dire rien.

 

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Le magnifique escalier qui menait à l'étage où dormaient les religieuses. Aujourd'hui centre d'hébergement.

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Sous ce superbe plafond, des herbes médicinales que l'on peut sentir.

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Les fameux pots de faïence, tous préservés.

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Les cachets azymes et la machine à pilules. La recette du vinaigre des 4 voleurs, qui était supposée empêcher la lèpre. Quatre voleurs qui se sont vus épargner la vie, d'avoir divulgué cette recette.

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A l'époque,  on pensait que pour guérir les malades, il fallait un mélange de minéral, de végétal et d'animal. C'est pour cela qu'on leur donnait des cloportes en guise d'apéritif, et de la limaille de fer qui les tuait plus qu'autre chose ! Restait le végétal.

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La Tisanerie

La tisanerie est la pièce où sont préparées les tisanes, grâce aux plantes contenues dans les tiroirs du grand meuble en chêne, le tisanier. Nous retrouvons le bureau de l’apothicaire, et les tableaux du Comte et la Comtesse du Châtelard, mais aussi de deux donatrices Mme et Mlle Legoube. 

 

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Et enfin, le triptyque de la Lamentation, classé Monument Historique, a été achevé en 1527. Les peintres qui l’ont exécuté nous sont inconnus. Cependant, les influences flamandes et italiennes de l’œuvre laissent à penser qu’il s’agirait d’élèves de ces écoles. Il a été placé à l'endroit même où l'on pratiquait les amputations. Celles ci se faisaient à coup d'alcool en guise d'anthalgique, ni trop pour éviter le comas éthylique, ni trop peu pour limiter la souffrance. L'intervention ne devait pas durer plus de trois minutes, le patient ne pouvant supporter plus longtemps en douleur. Heureusement, le parquet maculé a été remplacé.

Le triptyque et ses deux arrières en monochrome.

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La visite était fort intéressante, quoi que déroutante et dérangeante parfois pour une personne de notre époque. Cela fait du bien de respirer à nouveau l'air pur de l'extérieur...

 

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Nous avons fini cette journée, bien remplie dans la ville de Châtillon sur Chalaronne, par la visite de l'Arboretum, un site de 8 hectares dédiés à la nature.

Le site de l’arboretum a été ouvert au public en 2010. Ancienne propriété d’un passionné, l’arboriculteur Henri Navel, cet espace de 12 hectares est à la fois un hommage aux arbres, à la nature et à la biodiversité. Vous pouvez en vous promenant lire les affichettes au pied des 353 arbres remarqués et remarquables, ou repérer le Quercus rysophylla, un chêne d’origine mexicaine aux feuilles persistances, ou admirer d’autres arbres rares, difficiles à voir ailleurs et dont certains sont aujourd’hui presque éteints dans leur milieu d’origine.

Se promener à l’Arboretum, c’est aussi découvrir l’importance des insectes, des abeilles, jouer à repérer les 20 nichoirs pour les mésanges et autre petits oiseaux ainsi que pour les hiboux et chouettes (le plus grand fait une longueur d’un mètre). La spirale à auxiliaire permet de connaître un système bien pratique pour faire pousser des plantes du sud, tout en accueillant lézards et autres auxiliaires, indispensables à l’équilibre naturel. L’arboretum, c’est aussi profiter du beau temps, à l’ombre des grands arbres ou pique-niquer au bord de l’étang, sous le regard attentif des canards ou autre oiseau des Dombes. L'arboretum, c'est 242 espèces d'arbres différents répertoriés par l'Office National des Forêts, un verger, des chemins fleuris, un étang, un hôtel à insectes, une spirale à auxiliaires, des nichoirs.

 

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Notre déplacement dans l'Ain prend fin. Nous y avons passé de très bons moments et vu de bien beaux endroits. Mais nous avions rendez-vous dans les Hautes Alpes... Et ça, c'est une autre histoire...

 

Douce journée.

 

Gros bisous

 

Calinquette

 

 

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Posté par Calinquette à 05:42 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
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